Vendredi 21 novembre

Publié le par Maxime

Hier vendredi 21 novembre c'était les 27 ans de ma soeur. Bon elle va faire la gueule parce que je divulgue comme ca son grand age sur internet mais celui qui en souffre le plus... c'est moi ! Comme je le lui disais, elle ne peut PAS, mathématiquement, avoir 27 ans.


En même temps je ne suis pas très fort en maths alors...


N'empêche que 27 ans... c'est mon age. Alors vu qu'elle est née près de 5 ans après moi... y a comme une erreur. 



En tout cas elle est belle l'erreur.



Hier il a donc neigé sur Berlin.

Je n'ai pas beaucoup de souvenirs d'enfance. Seulement des flashs. Succints. Mais je me souviens que le samedi 21 novembre 1981 (ou bien était-ce le lendemain ?) on avait garé la voiture devant la maternité. Tout était blanc. Le petit parking, les arbres. La maternité d'habitude plutot marron. Ce n'est pas long un flash, n'est ce pas ? Mais c'est à peu près tout ce dont je me souviens. Le bébé devait avoir de bonnes joues.




Je cours donc après le bus et manque de glisser sur le verglas mais je parviens à m'asseoir bien au chaud dans le X69 qui m'emmène vers la station de S-Bahn la plus proche (Köpenick). Mon but est simple: me perdre dans la ville. Sensation délicieuse que (presque) seuls les expatriés chroniques connaissent. Marcher dans une rue, en prendre une autre, ne pas savoir ce qui se trouve là, à l'angle, tout de suite après ce petit parc que je n'ai jamais vu. Et puis dans le même temps se dire que chaque recoin de cet endroit totalement inconnu, chaque immeuble qui borde cette avenue dont le nom n'est même pas prononçable, feront partie de mon quotidien un jour. Le seul équivalent à ceci c'est peut-être quand on a à peine plus de 10 ans et que l'on débarque au Collège Robert Desnos. Que l'on sait que les quatre prochaines années (minimum !) de sa vie se passeront... là.


Je dois dire ici que j'ai certainement les mêmes talents pour me perdre que ceux dont je fais preuve en mathématiques. J'avais donc décider de me perdre. Je descends de mon train pour immédiatement prendre un métro pour m'arrêter enfin dans une station (Senefelerplatz). Je longe le cimetière juif sur la grande avenue Schönhauser Allee puis je pique brusquemment à droite, puis un coup à gauche et... merde ! Je suis exactement là où Claudia m'avait emmené en novembre 2006 lors de ma toute première visite à Berlin. Tu parles d'un aventurier ! Je suis devant le Kulturbrauerei (voir photos ci dessous). Une ancienne brasserie de la bière Schultheiss construite dans les années 1890 dans un style pseudo-byzantin très en vogue parmi les architectes berlinois de l'époque. Ca représente une mini-brasserie Guinness qui fait quand même bien 500 mètres sur 400 mètres (oui, je vous vois venir... je suis effectivement plus fin en géomètrie qu'en algèbre). Bref cet endroit est maintenant la niche d'un gros cinéma indépendant, d'un supermarché entièrement dédié aux produits bio, de restaurants, pas moins de cinq discothèques, deux salles de concerts et de nombreux bars ainsi que des petites boutiques alternatives. Dans l'important espace intérieur (une cour en somme), des gars étaient en train de tourner un film ou plutot d'en regarder les rushs dans leur mini camion-salle de visionnage. Mais aussi et surtout un marché de Noël se mettait en place.




Marché de Noël qui me ramène deux ans en arrière et à ce que je disais plus haut. Mes efforts redoublés (je n'ai pas évoqué la tempête de grêle qui s'est abattu sur moi quand je longeais Schönhauser Allee !) me menaient dans un endroit familier puisque Claudia et moi y avions trinqué au vin chaud (Glühwein).


Il s'agit du sympathique quartier de Prenzlauer Berg que nous avions également parcouru à pied. D'ailleurs, en quittant le Kulturbrauerei, je zigue et je zague dans les rues comme pour tenter de laisser derrière moi ces premiers souvenirs berlinois et... Paf ! Je tombe sur LE bar où Claudia m'avait emmené boire un pot. Du coup je retrouve le restau marocain, les boutiques folles que l'on avait visitées. Tout quoi. Echec total de mon aventure.


Vous l'aurez peut-être compris, Prenzlauer Berg est un quartier qu'on qualifierait de "bobo". J'y vivrais avec plaisir bien sur... que du bonheur. 


Quelques photos de ce quartier.




Voili, voilà.


Il est bientot 15h30, nous sommes samedi 22 et (démerde toi comme tu peux)... je sors ce soir ! Ma premières sortie est prévue avec un ami d'une amie qui m'embarque dans une soirée.

Il est breton... Booooon ! Je les collectione.


Plus de nouvelles et quelques photos de ma chambre seront postées sur Ici Berlin demain.

Publié dans berlin

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Jean Ronaldi 07/12/2008 16:38

C'est vrai que tu es "fraîchement débarqué" dans cette ville = Je vais te laisser "souffler" un tit peu.Par contre, chaque ville imprègne une "mentalité" à ses habitants = Comment vois-tu les Berlinois en comparaison des Dublinois ou Parisiens ?Vois-tu une différence ou des différences qui te sautent aux yeux ?

Maxime 07/12/2008 21:41


Question encore plus vaste que la première... en tout cas me concernant. Oui, je vois des milliers de petites différences mais je ne peux ici encore les énoncer intelligemment sans partir dans de
grands délires sociologiques et surement teintés de racisme ordinaire.  A suivre !


Jean Ronaldi 07/12/2008 13:46

Estuce-moi pour ma curiosité =As-tu fait tout le tour de Berlin ? Ça fait presque 20 ans que le mur est tombé, y'a t-il encore des séquelles ? Des vestiges ? Peut-on encore ressentir la "coupure" de ce mur ?

Maxime 07/12/2008 14:12


Ah grande question ! J'ai grandi dans les années 80 et pour moi le mur était... peut-être pas une obsession mais quelque chose qui "était là". Même dans mes yeux d'enfant ça me semblait une
absurdité. Mais ça me fascinait. Si on m'avait dit un jour que je vivrai à Berlin !
Je suis désolé Jean mais je ne peux te répondre comme je le voudrais. Manque de connaissances, manque de temps.

Mais, mais, mais. Oui il a des séquelles. J'y toucherai un mot dans mon prochain message au sujet d'un entretien que j'ai passé et qui fut me première expérience à l'ouest. Il y a bien sur quelques
vestiges qui consistent en des parties du mur transportées et mises en exergue pour les curieux et les touristes (attention rien de dépréciatif dans ma remarque !) mais aussi deux parties
conséquentes gardées "telle quelle".  L'une d'entre elle est ce que l'on appelle la East Side Gallery avec 300/400 mètres conservés et taggés. J'en ferai des photos aux beaux jours
que je posterai.
Deuxième question... oui, oh que oui, on peut ressentir la coupure. C'est marrant mais autant il y a des endroits on où ne voit aucune différence autant en prenant du recul, en regardant plus...
largement des trucs sautent aux yeux. Encore une fois j'expliquerai je l'espère plus en détails dans le futur. Ceci est bien entndu extremement lié à des questions d'architecture et
la brutale histoire du batiment qu'a connu l'est de Berlin depuis le milieu des années 90.

En attendant, je n'ai pas programmé mon arrivée ici mais 2009 va être une sacrée année avec un mois d'octobre un peu fou.