À l’attention du Président François Hollande en visite en Grèce

Publié le par le zouave

A l'occasion de la venue du président français à Athènes aujourd'hui, je m'associe à la lettre ouverte des étudiants et travailleurs à Paris, disponible ici et à lire ci-dessous.

 

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À Paris, le 18 février 2013

 

Monsieur le Président de la République Française,

 

Nous, étudiants et travailleurs grecs à Paris,

Nous, citoyens animés par le désir de démocratie, de justice sociale et d’humanité, membres de différents collectifs ou militants à titre individuel,

Souhaitons attirer votre attention sur la portée de votre visite imminente en Grèce.

Le gouvernement grec poursuit une politique de démolition des droits sociaux acquis depuis des décennies et accélère la ruine économique du pays, plongeant des millions de citoyens grecs dans la détresse.

Cette entreprise néfaste, contraire aux règles parlementaires et constitutionnelles, ainsi qu’à de nombreuses décisions judiciaires de première instance ou de juridictions supérieures, s’effectue avec l’alibi de la situation d’otage dont argue ledit gouvernement et la caution d’instances étrangères – la fameuse « Troïka » : FMI, BCE et UE.

Ce même gouvernement se cache également derrière l’alibi éhonté de sa neutralité face aux agissements de bandes néonazies qui sèment le crime et la terreur au sein des villes grecques.

Tout cela est inacceptable.

Les chiffres exorbitants des taux de chômage et de la pauvreté ainsi que la baisse dramatique des revenus des ménages grecs témoignent d’une situation catastrophique.

Les images des rues d’Athènes aujourd’hui nous renvoient au cruel souvenir de la famine vécue lors de l’occupation allemande.

En témoignent les manifestations quasi quotidiennes du peuple dans les rues, les ports, les autoroutes, les lieux de travail.

Depuis trois ans, on ne cesse de faire payer toute une population en lui retirant tout ce qui fait société.

Après la destruction de conditions de travail digne pour les travailleurs, ainsi que de services publics élémentaires tels que la santé et l’éducation, il est exigé de l’État qu’il vende tous les biens communs, l’eau, les forêts et les fonds de mer, les ports, les aéroports, les entreprises publiques et bien d’autres. Bref, tout ce que vous même appelez «des opportunités que les entrepreneurs français doivent saisir en Grèce» en vous faisant leur porte-parole.

Elles sont bien là, Monsieur le Président de la République Française, les conséquences du rêve selon lequel on aurait « trouvé une solution à la crise grecque ». Pensez-vous vraiment que « la page de la crise financière est en train de se tourner » ? Et comment la Grèce pourrait retrouver le chemin de la croissance, tant revendiqué par vous-même, après ans ans de récession consécutive si les outils de croissance sont tous privatisés ?

Ces conséquences prennent des allures de cauchemar, qu’il faudrait arrêter avant que le réveil ne se produise sous la forme d’une terrifiante crise d’angoisse.

Nous craignons que votre visite n’apporte rien dans le sens d’une solution quelconque, dans le sens du soutien au peuple, pas plus que dans le sens d’une Europe démocratique et sociale.

La crise dite grecque a révélé une crise d’ensemble du système capitaliste. Et cela fait trois ans que l’on « soigne » le malade, mais personne n’a expliqué aux Grecs et aux Européens comment on en est arrivé là.

Pourquoi personne ne veut-t-il de commission indépendante d’audit de la dette?

Pourquoi ne pas vouloir remplacer les explications stéréotypées par une étude approfondie basée sur les faits, afin de mettre en pleine lumière les véritables causes, mécanismes  et responsables ?

Nous vous demandons donc de prendre en compte les épreuves, les sentiments, les aspirations du peuple grec, qui, tout en étant à l’opposé de ceux du gouvernement actuellement en place, sont les seules bases sur lesquelles peut continuer à se construire l’amitié franco-hellénique.

Veuillez agréer, Monsieur le Président de la République Française, l’expression de notre désagrément le plus profond.

Initiative des étudiant-e-s et des travailleurs-euses grec-que-s à Paris

Publié dans ainsi valse la vie

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Big Dave 21/02/2013 11:46


il n'y a pas que l'église orthodoxe, il y a les armateurs indéboulonnables qui montrent le mauvais exemple aussi. Des situations ubuesques comme l'île de Chypre qui monopolise une dépense
militaire complètement absurde (à moins que cela n'ait changé). Du côté européen on saigne un pays à blanc en le donnant en pâture aux financiers pour faire un exemple : genre "voilà ce qu'il
vous arrivera si..". La Grèce était un des maillons faibles, surtout un de ces mirages dont l'économie à le secret. Là c'est devenu le laboratoire de la finance : déreglementation sauvage et
destruction volontaire de tout une société. La grèce est ravalée au rang d'un pays tiers-mondiste. Merci l'Allemagne, merci la France.


Pourtant, le passé des deux pilotes "airbusiens" devrait les alerter un peu plus. Car une fois de plus les grecs nous le prouvent : une crise économique grave facilite l'émergence et
l'installation au pouvoir de l'extrémisme. Et là c'est pas un mirage, l'Aube dorée finira pas nous pêter à la gueule pour parler vulgairement. N'oublions pas que derrière la Grèce, il y a
l'Espagne, le Portugal, la France... les fachos attendent leur heure tout simplement, et ils finiront par l'avoir, au détour d'une élection qui les aura légitimé, comme les politiques légitimes
les idées qui nous mènent dans le mur sinon le brasier... c'est malheureusement humain, et ces schémas sont bien connus...


Et là on ne pourra pas dire on ne savait pas... 

le zouave 21/02/2013 16:45



"Et là on ne pourra pas dire on ne savait pas...".


La bête immonde qui est toujours de retour (merci Pierre Perret et Michel Fugain). Et, comme tu le dis
très bien, nous sommes là à scruter (quand l'envie est là !) ce petit laboratoire qui finira bien par nous péter à la gueule. Chez nous en Europe.



Michel 19/02/2013 23:29


Je suis le mouvement et je m'y associe pleinement. Je connais quelque peu la Grèce puisque dans mon existence j'y été 8x en vacances. Amoureux des Cyclades, j'y ai rencontré des gens attachants.
Par mon métier passé dans l'imprimerie, mon enseignement scolaire m'a bien entendu mené dans cette histoire antique où l'on doit beaucoup au peuple grec. Malheureusement, l'histoire moderne du
20e siècle et son tourisme n'ont pas amené que des bonnes choses. Quand je voyais des restaurants grecs balancer leurs ordures dans cette si belle mer des Cyclades, je me disais que quelque chose
était entrain de foutre le camp... Progressivement, certaines traditions ont été effacées au profit de ce tourisme. Les fameuses chaises grecques en bois remplacées par ces maudites chaises en
plastique où le flanc se colle sous la chaleur. Je crois surtout que tout un système a tiré sur la corde jusqu'à ce point de rupture d'aujourd'hui. L'Etat est responsable et souventt corrompu
d'avoir fermé les yeux sur certains contribuables. Une église orthodoxe soignée aux petits ognons. Des quantités d'argent qui n'ont pas été réinvisties dans l'urbanisation, l'industriellation,
dans la gestion d'une économie moderne comportant des règles et des obligations. Un tel pays avec un tel potentiel n'aurait jamais dû se retrouver dans une telle situation. Pas plus qu'il est
tolérable que des politiciens sciemment néo-nazi soit en première ligne. Un racisme a germé et les actes de violence auprès des étrangers résidents sont devenus quasi journaliers. Honte aussi à
ces milliardaires grecs qui au lieu de planquer leur argent en Suisse, auraient mieux fait d'être exemplaires et de contribuer à l'aide nationale. Enfin, un blâme plus qu'appuyé à la Bruxelles
européenne de n'avoir pas pris ses responsabilités plus tôt. Comme à chaque fois, ce sont les petites gens qui trinquent, alors que biens des politiques et autres banques auraient dû être
traduites devant des tribunaux pour répondre de leurs actes. La leçon a tirer de cette crise, c'est d'en être reponsable dans le futur.

le zouave 20/02/2013 07:17



Merci d'y penser. Encore une fois, c'est un pays magnifique, tout près de nous et chacun préfère regarder ailleurs alors que c'est précisément là que réside le futur tel que l'Union Européenne
d'aujourd'hui nous conduit vers.