Bowie comme Berlin

Publié le par le zouave

Aujourd'hui, ce matin, un frisson de grosse, grosse émotion a parcouru la peau de bien des fans de rock. De pop. De David Jones.

Bowie comme Berlin

 

 

 

 

Le jour de ses soixante-six ans David Bowie a annoncé ce que personne n'attendait plus. Nous étions plusieurs, des milliers de poussières d'étoiles à travers l'univers, à penser que la prochaine fois qu'il ferait la une des journaux, ce serait malheureusement pour une moins bonne nouvelle. Le chanteur n'a plus donné de concert depuis presque dix ans : il avait dû interrompre sa tournée à l'été 2004 suite à un problème cardiaque.

Les nouvelles et les apparitions furent rares entre-temps. En septembre 2005 on le vit sur scène avec Arcade Fire puis l'année d'après auprès de David Gimour. En 2009, nous reflirtions avec une odyssée spatiale et spéciale le temps du superbe film MOON, réalisé par un certain Duncan Jones. J'en passe et des (rares) meilleures.

 

Et arriva donc ce mardi 8 janvier 2013. Le jour de son anniversaire, il allait nous faire un chouette cadeau. Tout d'abord, un nouveau titre baptisé Where are we now ?, le premier en dix ans, mais surtout l'annonce d'un nouvel album dont la sortie est prévue en mars, selon le site officiel du chanteur.

bowie 2013

(pour celles ou ceux qui voudrait en savoir plus sur ce visuel)

 

Ce nouvel album, baptisé The Next Day et contenant 14 titres, le premier depuis Reality qui remonte à 2003, doit sortir mondialement le 11 mars prochain.

 

Et voilà donc ce nouveau titre qui peut paraître bien fade comme ça lors d'une ou deux écoutes. Mais, vous comprendrez j'espère, que ce soir des milliers de personnes se le repassent en boucle around the world. Et, ça tombe bien, Bowie se retourne sur ses années berlinoises avec un titre en parcours presque fléché que je conseille plus particulièrement à toutes celles et tous ceux qui sont venus un jour se perdre dans les rues de Berlin.

 

 

 

 

 

Had to get the train/From Potsdamer Platz

You never knew/That I could do that

Just walking the dead

Sitting in the Dschungel/On Nürnberger Straße

A man lost in time/Near KaDeWe

Just walking the dead

Twenty thousand people/Cross Bösebrücke

Fingers are crossed/Just in case

Walking the dead

C'est un clin d'oeil puant la nostalgie aux années 1976/1979. À cette époque Bowie vivait à Berlin-Ouest avec Brian Eno et Iggy Pop, dans le quartier de Schöneberg. Il y a enregistré parmi ses albums les plus réussis aux mythiques studios Hansa près du mur séparant alors la ville en deux monstres immondes. David Bowie avait quitté la Californie et tentait ainsi de laisser derrière lui de jolies, dangereuses et impressionnantes montagnes de poudre blanche qui le dévoraient et qu'il dévorait. Il évoque dans ce nouveau titre le club Dschungel, la Nürnberger Straße, le grand magasin KaDeWe mais aussi le Bösebrücke (Bornholmer Brücke).

Bowie comme Berlin

Ce soir je pense à Nicole qui n'attendait plus de nouvelles de son amour aux yeux vairons. Et je l'accompagne dans les rues de Berlin derrière Mister Jones. Ses pas collent à ceux du Thin White Duke et les miens tentent de les suivre dans cette ville que je ne connais pas vraiment et qui m'apprivoise doucement depuis plus de quatre ans.

Ce soir je pense à Nicole qui n'attendait plus de nouvelles de son amour aux yeux vérons. Et je l'accompagne dans les rues de Berlin derrière Mister Jones. Ses pas collent à ceux du Thin White Duke et les miens tentent de les suivre dans cette ville que je ne connais pas vraiment et qui m'apprivoise doucement depuis plus de quatre ans.Ce soir je pense à Nicole qui n'attendait plus de nouvelles de son amour aux yeux vérons. Et je l'accompagne dans les rues de Berlin derrière Mister Jones. Ses pas collent à ceux du Thin White Duke et les miens tentent de les suivre dans cette ville que je ne connais pas vraiment et qui m'apprivoise doucement depuis plus de quatre ans.

Publié dans musique

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Michel 09/01/2013 03:07


Petite précision... Lorsque je dis que cela n'avait "rien avoir avec le Peace and Love des années 60", c'était surtout l'esprit. Si dans ces années-là, on mélangeait aussi plein de choses, ce
n'était pas dans l'esprit d'autodestruction de ce début des années 80. Dans ces années à fleurs et les réflexions "psychologiques", on parlait beaucoup de l'autodestruction de l'égo. Le LSD que
prônait certains gourous pouvait servir à cet effet. Beaucoup en sont revenus de ces théories... La génération SIDA, c'était le mal-être, le no futur, la destruction des principes passés.
L'espoir? C'était surtout s'en sortir ou finir 6 pieds sous terre. Voilà.

le zouave 09/01/2013 17:08



Je comprends. Merci.



Michel 09/01/2013 02:45


Hello-Hello,


j'ai voulu te faire un peu de pub sur ma page perso Facebook. Comme j'ai fait une faute d'orthographe, j'ai supprimé et voulu refaire le message. Malheureusement, vu que j'ai mis que je n'aime
plus pour l'effacer et que l'option je n'aime plus reste aussi sur ton blog... ça sera donc pour une prochaine fois! On apprend toujours de ses erreurs...


Pour Bowie, bonne chose. Après avoir acheté le cd, j'avais vu, à Genève, un concert de la tournée Outside en 1996, sorte de retour aux sources à l'accent plus alternatif. Excellent concert dont
je me souviens. Sauf erreur, il avait une superbe bassiste black.. et après une recherche, je confirme: http://en.wikipedia.org/wiki/Gail_Ann_Dorsey Le curriculum vitae parle de lui-même... La
classe!


Enfin pour Bowie, je suis de la génération du film "Moi, Christiane F., 13 ans, droguée, prostituée..." de 1981. Avec la musique et la présence en live de Bowie dans le film. Un film difficile,
mais réaliste sur la génération SIDA. L'histoire se passe à Berlin, à la fameuse Bahnhof Zoo. Est-ce toujours un lieu de drogue et de prostitution? A cette époque, beaucoup de jeunes écoutaient
David Bowie, et Heroes avait le parfum de l'autodestruction. J'ai vu disparaître beaucoup de gens autour de moi. Pas seulement pour des histoires de drogue, mais aussi par le contamination
sexuelle. Des gamines et gamins de 16 ans qui n'ont jamais vu leur 20 ans... La ville où j'habitais avait l'un des plus forts taux de décès du sida en proportion de la population. En Suisse, des
scènes ouvertes de la drogue, il y a eu quelques-unes et du même calibre que Berlin ou Hambourg... Les télévisions d'Europe et d'ailleurs venaient faire des reportages.
http://www.swissinfo.ch/fre/A_La_une/Archive/La_Suisse_a_tire_les_lecons_du_Platzspitz.html?cid=2525332 Parfois, je me dis que j'ai eu de la chance de traverser cette époque sans trop de
malheurs, même si j'ai fleurté plus d'une fois avec l'interdit... D'une part, parce qu'au début des années 80, on savait rien sur le sida et que dans les écoles il n'y avait pas d'éducation à ce
sujet. Toutes les drogues se mélangeaient, tout comme le sexe. Rien avoir avec le Peace and Love des années 60. C'était aussi la fin de la première génération punk. Oui, David Bowie est pour moi
cette époque passée, c'est ainsi... C'est très bien qu'à 66 ans, il soit toujours là. Preuve qu'on peut survivre à beaucoup de choses...

le zouave 09/01/2013 16:40



Merci Michel, comme tu d'habitude tu amènes avec toi quelques images de la Suisse qui tranche avec l'idée proprette que l'on peut s'en faire parfois. Attention, il n'est pas question de forcer le
trait sur des aspects moins reluisant de beau pays mais il est rassurant et toujours intéressant de pouvoir avoir aussi ce regard vrai sur ton pays.


 


Amusant que parles de Bowie en 1996 car nous avons du voir la même tournée. J'ai eu la chance de le voir cet été-là à quelques encablures de... la Suisse. C'était aux Eurockéennes de Belfort.
J'étais tombé sous le charme de sa bassiste Gail Ann Dorsey qui ne le quitte plus depuis bien longtemps. Je me souviendrai toujours de cette interprétation en duo de "Under Pressure". Et puis je
commençais à me bousiller les tympas avec cette bombe qu'était Earthling.


 


Je travaille tout près de la gare Zoo et j'y passais tous les jours il y a trois ans. Ce centre sordide du Berlin divisé s'est éloigné par la force des choses du centre de la ville réunifiée des
années 2000. En revanche devant la gare on y trouve son lot d'ivrognes et de punks à chien (ou pas).


 


Merci encore pour ton message Michel.