Le froid, l'hiver, aujourd'hui on n'a plus le droit

Publié le par Le Zouave

Pour combien d'années encore novembre puis décembre seront synonymes de froid et de gelées ? Autour de la planète, on voit déjà les premiers dégâts que le réchauffement climatique cause mais cette année à Berlin, depuis la fin du mois de novembre les gants, les écharpes et les chaussettes de saison sont de sortie. Pas de neige, pas encore ma petite dame. Mais le froid. De saison quoi. Et puis un mort à Friedrichshagen, le petit village où nous habitons. Quelqu'un qui m'insupportait.

Ce gars n'avait pas de politesse et puait l'alcool. Il n'avait pas de toit non plus mais ça je ne le savais pas. C'est pour ça qu'on le voyait souvent (euphémisme) autour des bancs qui sont en face de la place du marché. Devant l'église. Il gueulait tout le temps, emmerdait les gens qui ne demandaient qu'une chose, qu'on les laisse en paix. C'est chose faite, je ne verrai plus sa gueule si bruyante car il est mort de froid il y a une semaine aujourd'hui. Dans la nuit de mercredi à jeudi de la semaine dernière. Il s'était posé derrière notre petite gare, là où le dimanche on a le marché aux puces. J'ai appris ainsi que c'était dans ce coin qu'il dormait le plus souvent. Sur un banc, à toute saison. Sauf qu'il fait bien froid depuis cette fin novembre.

Quelqu'un a mis des fleurs il y a quelques jours mais quelqu'un d'autre ira bientôt les jeter car les fleurs comme les gens ne font que passer ma petite dame.

Et certaines fleurs, pas toujours les plus jolies fânent plus rapidement que d'autres.

Le froid, l'hiver, aujourd'hui on n'a plus le droit

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Michel 04/12/2014 19:20

Les gens dans la rue meurent toute l'année. Il faut également le rappeler. Là où j'habite, nous avons un clochard qui erre entre le temps des poubelles et des saisons. Les autorités ont voulu le réinsérer, ça n'a pas marché. Je crois que si on l'avait forcé, il se serait jeté au lac... L'hiver, il peut compter sur un abri chauffé. Il ne parle jamais, ne dérange jamais les gens, fait partie de notre paysage. En Suisse, notre système fait que ce qui se voit dans d'autres pays n'existe pas vraiment chez nous. La loi oblige les autorités à faire que personne ne meure de faim et puisse trouver un abri protégé ou un appartement des services sociaux. Maintenant, celui qui veut dormir dehors... Malgré ce «confort helvétique» dont c'est la moindre que nous pouvons offrir vu la richesse nationale, je reste en colère de cette misère du monde où les riches s'enrichissent et les pauvres s'appauvrissent. L'écart se creuse irrésistiblement. Et je ne suis pas très optimiste pour le futur. Merci Maxime de nous rappeler les réalités de la vie.

Le Zouave 04/12/2014 21:34

Bien vu la Suisse, bien vu Michel. Merci encore du regard helvète.

marie 04/12/2014 09:00

C'est triste de finir ainsi ...seul et dans le froid !
On se dit que notre vie est semée d'embuches (restons poli) mais quand on voit ça .... cela donne à réfléchir !
D

Le Zouave 04/12/2014 11:49

Oui tu as bien raison Marie.
Quitte à parler comme un petit vieux ou une petite vieille (je plaisante hein ?), je vais te dire qu'on fait bien de chérir notre santé, notre forme. Et ne pas oublier de penser aux autres dès qu'on le peut.