Là où nous allons, nous n'avons pas besoin... de routes !

Publié le par Le Zouave

J'ai ce souvenir en moi, cristallisé car je me souviens relativement clairement de nos genoux nus repliés sur l'herbe d'été. Nous étions assis dans un champ, mon cousin et moi. Fourrés dans des fourrés. Nous nous croyions probablement cachés. Tout en haut d'une butte, falaise de nos dix ans, on faisait face à la vieille maison de la Nini. Celle qui, dans le futur, allait devenir une si belle baraque retapée par le Fe (la maison, pas la Nini). Je dis me souvenir "relativement clairement" mais je pousse un peu. Pour commencer, étions-nous deux avec le Cent ou bien trois avec le Fe ?

Était-ce en 1985/1986 ? Cela me semble bien trop tôt. Peut-être plus vers le début des années quatre-vingt dix. Adolescents. Notre enfance déjà terminée, suicidée. C'était donc sans doute à l'occasion de la première diffusion télévisée en France du premier épisode de la trilogie Back To The Future. Ou de la sortie au cinéma du deuxième volet de la série.

Un, Deux, Trois
Un, Deux, Trois

Un, Deux, Trois

Nous étions donc le cul dans l'herbe, cachés dans des buissons. À cette époque, nous dévorions les blockbusters américains. Oui, comme aujourd'hui, je sais. On ne le savait pas encore mais Terminator allait devenir gouverneur de la Californie. Pour l'heure il flinguait à tout va et nous on louait des ribambelles de VHS avec le même entrain que notre T-800 (modèle 101) préféré mettait à courser Sarah Connor.

Les rayons de soleil devaient jouer à dessiner des ombres sur nos jambes et sur nos bras. Et puis l'un de nous s'était mis à raconter l'histoire de ce "nouveau" film. Le titre, déjà ringard, était Retour Vers le Futur. Ce qui est intéressant, rétrospectivement, c'est que l'accent avait été mis sur un aspect méconnu, même aujourd'hui, de la genèse du film. Bob Gale, le scénariste, découvre un jour lors d'une visite chez ses parents, la popularité insoupçonnée de son père au lycée et se demande s'il aurait pu être son ami à cette époque. Or c'est exactement ça qui m'a tout de suite attrapé !

Je découvrais à l'époque que ma mère disparue avait, elle aussi, était une adolescente. On avait des goûts musicaux en commun. Forcément, je grandissais avec ses trente-trois tours. Trente-deux tours et puis s'en vont. Elle n'avait pas eu, elle, la patience d'en faire trente-trois. Alors, je jouais avec l'idée d'être né au début des années cinquante. Et pour ne pas faire les choses à moitié, je me posais ces questions. Aurais-je pu être son ami ? Et tout de suite après, aurais-je pu être son amoureux ? Oui je sais, Freud sauve moi. Inceste de citron.

Mama & (futur) Papa

Mama & (futur) Papa

Toujours est-il que ce film dont on parlait dans ce coin perdu du passé allait, dans le futur, devenir l'un des films référence (sinon LE film référence) d'un genre que j'affectionne particulièrement : le film de voyage dans le temps.

Comme tout collectionneur, je ne mégote sur rien et je me suis vu de sacrés étrons dans le genre. Le dernier en date dont je me contenterai de donner le titre (français) étant Le Spa à remonter dans le temps 2.

Je ne vais pas lister ici tous les films et bouquins dévorés mais ma vie est ainsi agrémentée qu'il m'arrive de revivre sous un autre angle le 22 novembre 1963 ou l'an 802701 (à la rencontre de Weena). Je passe également ici sur les centaines d'heures de documentaires scientifiques (et lecture de revues scientifiques !) avalées. La physique quantique, à micro-dose, c'est un de mes dadas.

Doc sans Difool

Doc sans Difool

Et si nous pouvions réellement voyager dans le temps ?

On pourrait penser que ma nostalgie pesante m'attirerait vers le passé mais non non non, c'est vers le futur que j'aimerais aller. Le passé, très peu pour moi : je connais. Me projeter cent ans, mille ans en avant. Voir (et savoir) ce que nous allons faire pour préserver nos vies et la vie en général sur ce vieux caillou. Pouvoir être témoin des premiers départs en masse vers l'espace, des avancées technologiques à venir.

Car enfin je sais que comme tout le monde, lorsque je crèverai, je ne saurai rien du jour d'après. Et ça... ça c'est rageant.

Inclus Zinedine Zidane en 1998 (mais pas Materazzi en 2006). Et toc.

Inclus Zinedine Zidane en 1998 (mais pas Materazzi en 2006). Et toc.

Demain soir, avec un autre frappadingue de la trilogie, nous allons revoir les trois films à la suite. Ce sera en anglais bien sûr et dans une super salle de ciné. Moi qui n'aies jamais vu aucun des films autrement qu'à la télévision, je me fais une joie de passer cette nuit du 21 au 22 octobre 2015. Il faut que l'on se retrouve à 16h29 puisque c'est précisément à cette heure-là que l'action débute ce fameux 21 octobre 2015 au début du second épisode.

Ce sera aussi l'occasion de retrouver deux vieux copains : Marty McFly et Emmett Brown. C'est idiot je sais, éprouver de la tendresse pour des personnages de fiction.

2015 et 1885
2015 et 1885

2015 et 1885

Finalement, pour quelqu'un de passionné par les dates, il est bien logique que je prenne mon pied en voyageant dans le temps. Allez, pour la route (quelle route ??), voici une dernière date : le 5 novembre 1955. C'est le jour où Marty débarque dans le passé et rencontre ses futurs parents. Une semaine plus tard, il refera l'histoire du rock and roll à ce fameux bal :

Là où nous allons, nous n'avons pas besoin... de routes !

La superbe musique d'Alan Silvestri que je fredonne (trop) souvent !

Vous êtes perdus, vous avez lâché le fil ? C'est pourtant simple. Allez, je vous fais un dessin ou plutôt deux. Attention, l'un est plus épuré que l'autre.

Back To The Future : comment ça marche ?
Back To The Future : comment ça marche ?

Back To The Future : comment ça marche ?

Pour conclure, je peux vous dire que demain matin, quand je prendrai le train pour aller bosser, je jetterai des coups d’œil dans le ciel. En principe les premières voitures volantes devraient faire leur apparition.

Nous sommes bien loin de cette journée d'été où des gamins parlaient cinéma américain dans un petit village de Savoie. Je termine avec un dernier souvenir, furtif celui-ci. À la toute fin du siècle dernier, j'étais revenu pour passer un Noël en famille en France. Alors que nous venions de prendre l'autoroute à Tullins pour rouler vers le sud, mon père nous signala à ma sœur et moi une voiture qui arrivait dernière nous. On regarde et quand elle arrive à notre hauteur... une DeLorean DMC-12 ! Il n'en existe que 9200 dans le monde, 6500 en état de marche. Moment de magie. Heavy Doc !

Là où nous allons, nous n'avons pas besoin... de routes.

Là où nous allons, nous n'avons pas besoin... de routes.

Publié dans cinema - images, perso

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

La mi 23/10/2015 00:01

Donc c etait hier soir... Je me souviens (non, non, pas au Québec mais en Alberta) avoir enchaîné les 3 Godfather en cours de cinéma à U of A , tiens, tiens c était en 86... à l époque où tu te cachais sur la butte avec le Fe et le Cent... Bref j espère que tu as apprécié, moi j avais trouvé ça un peu too much surtout sans collation. J'ai en tt cas adoré ton récit de souvenirs d'enfance et ai été émue de tes blessures. Je t embrasse bien fort.

Le Zouave 23/10/2015 09:50

Merci pour ton message Ze Mi. Wow, les 3 Godfather, ça a du être long. J'ai enfin vu cette trilogie en entire il y a deux, trois ans. Superbe fresque.

C'était vraiment une chouette experience mercredi soir. Des cris, des rires, des appaudissements. Des gens avec des supers déguisements. Une belle ambiance.

joce 21/10/2015 08:30

magnifique ton texte max touchant!! emotionnant reel ton papa aurait adore!!! pas besoin de futur pour etre heureux le present seul conte le futur ta petite le vivra! et toi tu sera avec tes anges tous la nini la nicaise l'antoine le francis la martine et tous les autres et tes souvenirs eux survivront dans la mémoire du monde actuel je t(envoie un bisou lui bien reel!!!!!!!ta joce

Le Zouave 21/10/2015 13:25

Merci Joce.

Le pou 20/10/2015 23:50

A chaque fois que je passe par cette route entre Tullins et Renage je pense à notre rencontre avec La Delorean! Marty et le doc étaient surement à bord. Dans mes souvenirs, nos voyageurs du futur ont pris une petite route plongeant vers la Fures. J ai toujours eu envie d aller y jeter un coup d oeil, persuadée de retrouver la voiture.
Bons films! On ne s en lassera jamais...

Le Zouave 21/10/2015 06:51

Ah je suis content que tu t'en souviennes. Oui qui sait, si ça se trouve ils bavardaient avec un des chiens du Doc au milieu. Maintenant s'agissait-il de Copernicus ou Einstein ?