Le dahu Daho

Publié le par Le Zouave

Quel drôle d'animal que ce Daho là. Rennais d'Oran. Français de Londres.

Je me souviens de ne pas supporter sa voix, sa non voix, dans les années quatre-vingt. De me foutre de lui comme on se foutait de Vanessa Paradis (s'il vous plaît cliquez sur son nom pour un moment de grâce). Je me souviens en particulier d'un sketch hilarant que mon père et moi avions bien aimé. Un imitateur (je ne me souviens plus duquel, pourtant en France seulement trois monopolisaient les écrans des années 80/90) avait fait ce sketch où on n'entendait à peine sa voix dans un micro qui bougeait tout le temps.

Et puis dans les années quatre-vingt-dix ou 2000, merci les Inrocks ?, c'est le déclic. Au pénultième printemps français, avant l'Irlande à nouveau, j'achète par exemple ce magazine pour Elliott Smith mais je découvre la face anglaise d'un artiste qui était devant moi depuis quinze ans mais que je ne voyais pas.  L'Ouverture, Le Brasier, La Baie (co-signée par Jérôme Soligny que rencontrerai en 2017 en Belgique).

L'année suivante nous quitterons la France pour ne plus revenir. Le premier jour du reste de nos vies ? Je ne recroiserai Daho, dahu des mélodies penchées, plus que ponctuellement. Et c'est là qu'au détour de trajets en voiture avec Nostalgie, je redécouvre (avec nostalgie sans majuscule évidemment), les tubes de ses débuts. La Notte, La Notte... 1984, électronique simple et propre.

Je vois le visage de mon ami Frédéric sur la pochette. La boucle est bouclée. Fred, lui, l'avait toujours aimé. Je crois. 

 

Flash forward, je le retrouve dans les années 2010 avec Le Condamné À Mort et Jeanne Moreau. Ce texte, écrit par Jean Genet en 1942, le fascine. Depuis 1997, il interprète régulièrement sur scène un extrait intitulé Sur mon cou. En 2010, il enregistre avec Jeanne Moreau l'intégralité du texte de Genet.

 

 

Nous voilà près de dix ans après et son album Blitz, sorti l'an dernier, m'avait beaucoup plu. Surprise, annoncée il y a moins d'une semaine, Étienne Daho jouera lundi soir à Berlin dans un endroit typisch Berlin : la Festsaal Kreuzberg. J'y serai, fantôme errant de ces trente-cinq dernières années.

Le voyage (pas immobile) aura été long et aura pris des détours. De 1984 à 2019. 

Je n'ai aucun album de Daho chez moi... J'ai possédé par contre ce Corps et Armes sorti justement en 2000. Achat bordelais donc. Il y a finalement peu de chance que le disque soit près de moi. Il est plutôt, avec tant d'autres disques et bouquins, dans un grenier ou une cave au Pays Basque. Ces bouts de vie, j'ose :  de vies, s'emboîtent et se déboîtent. Comme une chanson electro-pop des années quatre-vingt ou quatre-vingt-dix. Fin de siècle.

Le dahu Daho
Le dahu Daho
Le dahu Daho
Le dahu Daho

Publié dans musique, écrits

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

J
J'aime bien la chanson de Daho, mais je préfère l'interprétation de la créatrice, Hélène Martin qui, comme elle le fait toujours, fait entendre le texte et montre un respect rigoureux aux mots qu'elle met en musique.
Répondre
L
Je pense que tu parles du Condamné à mort ? Je vais écouter, merci.