Profession de foi

Publié le par Le Zouave

Quelle journée, du rires aux larmes.

Ce matin je décide de pousser un peu plus loin que d'habitude et je me rends à la Geisterwald sur la rive du Nord du Müggelsee.

Armé de mon smartphone, je me dis que ça serait chouette de faire une vidéo en démarrant sous les bois pour y découvrir la plage puis les bords du lac et enfin l'immensité de l'eau. Je ne suis pas allé très loin et pour découvrir… j'ai découvert !

Me voilà avançant, caméra en main, quand soudain se braquent sur moi une petite armée de regards. Devant moi, un petit groupe de vieilles femmes, pardon, de femmes âgées (entre 70 et 80 ans dirais-je). Outre leurs regards que je n'oserais qualifier d'accusateurs, je constate assez rapidement que chacune d'entre elle est habillée à la manière de l'ingénue de Brassens. Nues.

Elles s'apprêtaient à se baigner dans le lac dont l'eau ne devait pas être à beaucoup plus de degrés que... un, deux, trois, quatre, cinq. Respect !

Elles ont dû me prendre pour un sacré pervers pépère mais respect tout de même.

Je rangeais mon appareil, mon appareil photo je veux dire, et je m'en fus sur la petite plage d'à-coté pour y prendre quelques photos dont celle-ci.

Profession de foi

Et puis les larmes, ou tout du moins le choc, une fois connecté au bureau. Un de mes clients est décédé brutalement, comme on dit quand ce n'est pas une maladie. Jeudi soir. Chez lui avec sa fille de seize ans qui n'a rien pu faire sinon voir son père de quarante-huit ans mourir dans ses bras d'une crise cardiaque.

Si l'on m'avait appris son décès vendredi, j'aurais cru à un mauvais poisson.

Cet homme, dans lequel beaucoup pourront se reconnaitre, vivait pour le boulot. Il bossait tous les soirs, tous les week-end. Quand il n'annulait pas ses vacances, il bossait pendant ses vacances. Il n'en avait pas pris des masses : trois semaines ces deux dernières années. 

Ironiquement, il était au téléphone avec le client dont dépendait tout son business jeudi soir quand son cœur a lâché. 

Que dire ? Tout est là. Rien à ajouter. Quel gâchis.

J'espère ne jamais avoir à regretter tous ces moments là où nous pensons nous occuper du plus pressé, du plus précieux alors qu'on le sait bien, l'essentiel est invisible pour les yeux.

Amis des citations gnangnantes, soignons nos cœurs. 

Profession de foi

Ce soir, petite session de lecture avec Elisabeth. Des photos, portraits souvent, douze noms et douze prénoms. Et presque autant de slogans. Professions de foi.

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