La Bretagne, ça vous gagne !

Publié le par Maxime

Vu aujourd'hui sur le site des Inrockuptibles.

Miossec + Tiersen = Amour

Tout ça devait finir par arriver, tonerre : les deux Brestois travaillent ensemble, pour quelques concerts et un futur album. Breton sur ton.






Il y a quelque chose d’immémorial entre Christophe Miossec et Yann Tiersen. Aucun ne sait à quand remonte leur première rencontre. “Ça s’est fait petit à petit, voilà tout.” Comme ils sont l’un et l’autre originaires de Brest, on suppose qu’ils ont surgi de cette écume apparue lorsque la new-wave anglaise s’est
brisée sur les rochers du littoral breton dans les années 80. Ce qui déjà suffisait à rendre leur amitié probable. A l’époque, le label nantais Lithium avait pêché une autre sirène au menton carré, Dominique A, qui allait écrire une chanson, Les Bras de mer, qu’allait enregistrer Tiersen, qu’allait aimer Miossec. Bientôt, une sorte de pacte lierait ces trois frères de la côte, soudés par cet art brutalement délicat de parler de l’intime sans en faire l’exhibition.


En 2005, la chanson Le Jour de l’ouverture, de l’album de Yann Tiersen Les Retrouvailles, chantée par leurs trois voix, ne fit que remettre
en perspective de possibles extensions. Entretemps, Miossec était revenu vivre
dans le Finistère après une séquence bruxelloise. Malgré l’internationalisation de sa carrière à la suite du succès de la BO d’Amélie Poulain, Yann Tiersen continue quant à lui de puiser l’essentiel de son inspiration à Ouessant, cette île située au large de la pointe Saint-Mathieu, où il habite et travaille une partie de l’année, bercé par le ressac.


Au printemps 2008, Tiersen et Miossec ont décidé de mettre en commun quelques idées, mais sans but précis. Christophe Miossec : “C’était une envie”. Qui peu à peu s’est vue coïncider avec le souci de donner une suite à L’Etreinte, son dernier album. Yann Tiersen : “Le mieux, c’est quand les disques naissent spontanément, sans que l’on se dise “on fait un album !” J’avais des musiques,
Christophe a écrit des textes. J’ai fait les guitares, les claviers. Christophe a chanté et ajouté ses instruments. Il n’y a pas d’autres intervenants, à part un batteur sur deux titres.


L’album, au titre provisoire de Finistérien, ne sortira pas avant août 2009, mais le public en a déjà un avant-goût à travers la tournée d’une quinzaine de dates que le duo a entamée le 22 janvier au grand auditorium du Quartz, centre névralgique de la vie culturelle brestoise qui fêtait là ses 20 ans. Car c’est sur scène que l’on prend la mesure de leur complicité, qu’il s’agisse de l’antiglamour de leur look, de cette façon d’ironiser à leurs dépens (“Cette chanson s’appelle La Plaisanterie et je crains que cela finisse par en être une”) ou de la complémentarité de leurs talents.





Tiersen, habituellement le plus éthéré et abstrait des deux, devient soudain plus rock au contact de Miossec. A la guitare et au piano, il charge de climats tendus les nouvelles histoires de son compère qui, comme souvent, font de brusques mises au point sur soi-même et sur l’autre. Tels des signaux de détresse lancés lorsque le naufrage devient imminent, ces chansons inédites disent Hais-moi, pleurent Nos belles années ou invoquent Jésus afin qu’il précipite notre fin à tous sur fond d’éclairs et de bleeding guitare jouée par Marc Sens. Venant de celui qui chantait “on dira merde au bon Dieu” sur l’album Boire en 95, voilà qui
aurait de quoi surprendre. Mais après tout, ne sommes-nous pas en Bretagne, le pays des calvaires ?


Autre contribution instrumentale décisive, les ondes Martenot de Christine Ott hérissent la majorité des morceaux d’une féerie lugubre. Si les premières chansons du concert tardent à installer une ambiance, celle-ci se précise au fur et à mesure, atteignant une certaine plénitude avec Fortune de mer, petit bijou de poésie marine sur lequel Yann développe sa science de l’enrobage musical. Cette seule chanson laisse augurer d’un possible bon cru Miossec 2009. Yann Tiersen : “L’album ne ressemblera pas au concert. Ce sera la même énergie
mais portée différemment, avec une approche plus acoustique.
” Miossec : “Pourquoi cette tournée avant l’album ? Parce que c’est un putain de pied de commencer un morceau sur scène que personne ne connaît. Un pied d’esthète. Les oreilles des gens ne sont pas ouvertes de la même façon.


L’un et l’autre auraient probablement souhaité ajouter quelques dates à leur petit tour en France, sauf que Yann a son propre album à terminer. Ce disque, dont la sortie est prévue à la rentrée 2009, s’appelle Dust Lane. Il se compose de neuf pièces essentiellement vocales, enchaînées les unes aux autres. Y ont participé Syd Matters, Matt Elliott et un groupe des îles Féroé, Okra, qui fait de la musique industrielle avec des outils de la ferme. Un des titres, Fuck Me, a d’ailleurs été l’un des rappels du concert brestois. Il est chanté par Gaëlle Kerrien, qui accompagnera Tiersen lors d’une tournée américaine prévue au printemps. Les prudes ne manqueront pas de voir dans son thème (“un hymne à la partouze”, déconne Yann) la mauvaise influence d’un certain petit camarade qui parle beaucoup de sexe dans ses albums.


Miossec et Yann Tiersen seront le 4 février à Villefranche-sur-Saône, le 5 à Grenoble, le 6 à Clermont-Ferrand, le 7 à Martigues.





De quoi se réjouir, non ?

Oh, ne faites pas la gueule les gars... souris un peu Yann !


Ah ces bretons !!

 












Publié dans musique

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