Claude Chabrol fête un demi-siècle de cinéma à la 59e Berlinale

Publié le par Maxime





BERLIN (AFP) — Amateur de polars, d'humour grinçant et de bonne chère, Claude Chabrol, 78 ans, dont le dernier film "Bellamy" est montré hors compétition à la 59e Berlinale, fête cette année un demi-siècle passé derrière la caméra, à décortiquer les moeurs hypocrites de la bourgeoisie.
 

"J'ai donné mon premier tour de manivelle en 1957, mais j'ai tourné +Le beau Serge+ l'année suivante et comme il est sorti en 1959, c'est bien cette année que je fête mes 50 ans de cinéma !" lance dans un entretien à l'AFP, celui qui fut une figure de la Nouvelle Vague avec François Truffaut et Jean-Luc Godard.
 

"J'avais un plan en tête dès le départ, un plan balzacien !" affirme ce chroniqueur impitoyable de la comédie humaine, qui a financé son premier film grâce à l'héritage de sa première femme.
 

"Je savais qu'il y aurait des déboires, et parfois je suis allé assez loin mais au final je suis assez content, car plus des quatre cinquièmes des films que j'ai faits correspondent à peu près à ce que je voulais faire", dit-il.
 

"Certains sont réussis et d'autres ratés, mais je ne veux pas dire lesquels je regrette d'avoir fait, si certains les aiment bien..." poursuit le cinéaste en levant ses sourcils fournis, l'oeil brillant de malice.
 

L'actrice Stéphane Audran, sa deuxième épouse, fut sa "Femme infidèle" et a joué le plus souvent dans ses films, mais certains des personnages les plus "chabroliens" furent incarnés par Isabelle Huppert, de la domestique meurtrière de "La cérémonie" (1995) à l'avorteuse d'"Une affaire de femmes" (1988).
 

"Isabelle a un truc bien : elle est très culottée, rien ne lui fait peur".
 

Présenté dimanche à Berlin - où Chabrol a reçu la Caméra de la Berlinale, un prix qui récompense l'ensemble de sa carrière -, le dernier film du cinéaste est un polar curieusement dépressif et bavard, avec Gérard Depardieu.
 

"Bellamy" dresse le portrait d'un commissaire en vacances dans la maison familiale de sa femme dans le Sud de la France, un personnage "à la Maigret" dit Chabrol, grand admirateur des romans de Simenon.
 

Moins incisif que les meilleures oeuvres de cet ex-critique de cinéma spécialiste d'Alfred Hitchcock, "Bellamy" a été écrit par Chabrol avec sa complice de 30 ans, la scénariste Odile Barski, pour Gérard Depardieu qu'il n'avait encore jamais dirigé.
 

"On avait envie de travailler ensemble depuis longtemps" dit le réalisateur, évoquant un "tournage vraiment idyllique, malgré tout ce qu'on m'avait prédit".
 

"Odile, qui me connaît bien, s'est aussi inspirée de scènes de la vie quotidienne entre ma femme et moi" pour donner vie à Bellamy, explique-t-il.
 

Bon vivant et amateur de bonne chère tout comme le réalisateur - qui fume la pipe, contrairement à son héros -, Bellamy possède une part d'ombre, dévoilée à la fin du film.
 

"En ce moment ce qui m'intéresse, ce sont les contradictions internes des personnages. Dans le cas de Bellamy, il court après l'empathie qu'il ne peut éprouver pour son parent le plus proche : son frère" joué par Clovis Cornillac.
 

Bien qu'ayant dédié sa vie au cinéma, Chabrol avoue volontiers sa passion pour la télévision.
 

"Ce qui me plaît dans les programmes les plus stupides, c'est que si on se place à bonne distance tout est social, tout est psychologique, c'est formidablement intéressant !"


 

Publié dans cinema - images

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