Des nouvelles de la Patrie des Droits de l'Homme...

Publié le par Maxime

Je suis tout ceci avec grand intérêt...





« En septembre 2002, au cours d’un repas, le commissaire Didier Vinolas m’a indiqué qu’un Monsieur X souhaitait transmettre de graves informations concernant Yvan Colonna. A condition qu’elles soient reçues par Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’Intérieur, ou par l’un des membres de son cabinet. C’était un renseignement de police. Je l’ai immédiatement communiqué au préfet Guéant, alors directeur de cabinet de Sarkozy. »
 

Par cette déclaration, en tant que témoin surprise dans le procès Colonna, le procureur Yves Bot a confirmé point par point la déposition du commissaire passé dans l’administration de la Ville de Paris.
 

Vendredi, Didier Vinolas avait provoqué la stupeur en dévoilant que les plus hautes autorités de l’Etat –et donc plus que probablement Nicolas Sarkozy– étaient parfaitement au courant de certains aspects de l’enquête, et en particulier d’éléments laissés en déshérence.
 

Ceci alors que le parquet et les parties civiles avaient tenté de déconsidérer le policier. Didier Vinolas a confirmé détenir les noms de deux membres présumés du commando nationaliste à l’origine du plasticage de Pietrosella et peut-être de l’assassinat du préfet Erignac, qui n’auraient jamais été inquiétés. Ces noms, a-t-il assuré, avaient été transmis notamment en 2002 à Yves Bot et en 2004 à Christian Lambert, le chef du Raid.
 

Cette confirmation a été le point d’orgue d’une journée extravagante dans un procès extraordinaire, une journée où l’on a parlé de tout sauf de l’essentiel. C’est-à-dire de savoir si Colonna était coupable ou non de l’assassinat du préfet Erignac, le 6 février 1998.
 

« Les magistrats de l’accusation sont des tricheurs… »
 

En effet, durant toutes ces heures de dures batailles, des batailles de tranchées selon Maître Garbarini, les avocats de la Défense ont tempêté contre le président Didier Wacogne, qui ne leur a pas transmis un courrier où Didier Vinolas annonçait son intention de dévoiler de graves faits à l’audience.
 

Et en particulier d’évoquer les confidences d’un informateur X, dont il a fini par convenir qu’il s’agissait d’un policier de haut rang de la Direction centrale des Renseignement généraux. Et les avocats de lancer:
 

« Grave atteinte aux droits de la défense… Dissimulation constitutive d’un manque de loyauté… Les magistrats de l’accusation sont des tricheurs… »
 

En bref, des noms d’oiseaux malfaisants. Ce qui a provoqué des réactions outragées du parquet. Un débat qui n’a cessé de se tendre entre des positions radicalement opposés, entre le président de la cour et le parquet qui tentaient par tous les moyens de dégonfler la polémique.
 

Et la défense d’enfoncer le clou: l’enquête et l’instruction ont été mal menées et malmenées. Et de réclamer à cor et à cris l’ouverture d’un « complément d’enquête » pour vérifier la véracité des propos tenus par le commissaire Vinolas, et donc aujourd’hui confirmés par le procureur Bot.
 

Au-delà de ces péripéties, la défense cherchait à démontrer:
 

  • Que l’enquête et l’instruction ont été menées uniquement à charge.
  • Que l’accusation est toujours partie de l’idée que c’était à Colonna de prouver son innocence et non à l’accusation d’établir sa culpabilité.
  • Que de nombreux éléments, comme l’existence des deux inconnus dénoncés par Vinolas n’avaient été l’objet d’aucune enquête sérieuse.



« Ce tribunal est en mission pour raison d’Etat »
 

Une thèse que reprend en chorus Yvan Colonna en interpellant la Cour:
 

« Ce tribunal est en mission pour raison d’Etat. Je n’ai rien à retirer de ce que j’ai dit. Je suis innocent… C’est vous, clame-t-il, qui allez être obligés de répondre à certaines questions. »
 

Malgré une bataille acharnée, Colonna et la défense n’ont rien obtenu, la cour a décidé de surseoir à statuer sur la demande de complément d’enquête qui aurait renvoyé le procès à plus tard.
 

L’accusation a même contre-attaqué en reprochant avec virulence à Didier Vinolas de ne pas dire toute la vérité en refusant de livrer le nom de son informateur et des deux hommes accusés d’avoir participé aux actions du commando « sans nom » qui serait responsable en particulier du meurtre du préfet Erignac.
 

Vinolas s’est accroché à son refus de dévoiler les noms. On comprend qu’il y va de sa vie et de celle des hommes dénoncés.
 

Quant à l’enquête, tronquée, incomplète, on semble l’avoir oubliée. Et, dans sa cage de verre blindé, Yvan Colonna reste impassible. 



Article paru sur Rue 89 en date du 17 février 2009. 





Petit rappel: quand Sarko dit, Sarko... zy ! 



 

Publié dans ainsi valse la vie

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