Attention... le désespoir tue !

Publié le par le zouave

Un homme a mis fin à ses jours, d'une balle dans la tête, à quelques mètres du parlement grec, laissant une lettre derrière lui.

 

Voici l'information crue et détaillée que je lis ce soir. Crue, elle l'est. Détaillée : il le faut ! Il faut montrer les ravages parfois perçus de manière trop diffuse. Bien loin de l'image d'assistanat sans cesse renvoyée en France, en Allemagne, c'est tout le désespoir d'une nation qui vient se jeter à notre gueule.


Le suicide de ce septuagénaire en pleine rue d'Athènes a suscité l'émoi des Grecs qui ont spontanément manifesté sur les lieux du drame et fait réagir l'ensemble de la classe politique face à une manifestation du «désespoir» provoqué par la crise.

Le pharmacien à la retraite âgé de 77 ans a mis fin à ses jours à quelques mètres du parlement grec, sur une pelouse de la place Syntagma, théâtre depuis deux ans des manifestations contre l'austérité draconienne imposée au pays.

 

"Soulevez-vous, son sort sera le sort de nous tous",

pouvait-on notamment lire sur les notes déposées sur les lieux du drame.

http://s2.lemde.fr/image/2012/04/04/540x270/1680528_3_ecec_soulevez-vous-son-sort-sera-le-sort-de-nous_7b10fedd77d113b666457e5370aa2d5b.jpg

 

 

Mobilisées via les réseaux sociaux, environ un millier de personne a afflué sur les lieux du drame en début de soirée. Au pied d'un cyprès, elles ont déposé des bouquets de marguerites ou d'anémones, des cierges et des dizaines de messages manuscrits appelant notamment «au soulèvement du peuple».

«Que cette mort soit la dernière de citoyens innocents. J'espère que les prochaines victimes seront les politiciens traîtres», pouvait-on lire sur ces notes.

PenelopeD10 se moque du maire de Athènes Giorgos Kaminis, qui avait décidé l’été dernier d’évacuer les protestataires et leurs tentes de la place Syntagma, parce que cela donnait une mauvaise image d’Athènes aux touristes. Elle tweete ironiquement :

@PenelopeD10 : » J’espère que Kaminis ne va pas émettre une nouvelle directive »Suicides interdits dans le centre-ville [d’Athenes] parce qu’ils causent du tort au tourisme »… »

 

Une lettre manuscrite a été découverte dans une des poches de la victime, a indiqué la police, mais sans en dévoiler le contenu. Selon les diverses versions avancées par les médias, il y accusait le gouvernement de l'avoir privé de ressources, l'assimilant à l'exécutif mis en place par les occupants nazis en 1941.

Selon les médias, plusieurs témoins ont entendu l'homme crier qu'il ne voulait pas léguer de dettes à ses enfants, sans que la police ne confirme ce récit.

 

http://www.washingtonpost.com/rf/image_606w/2010-2019/WashingtonPost/2012/02/14/National-Economy/Advance/Images/2012-02-14T112044Z_01_KAR07_RTRIDSP_3_GREECE.jpg

 

Plusieurs études ont rendu compte ces derniers mois d'une augmentation des dépressions et suicides en Grèce, où la crise économique et sociale a fait bondir le taux de chômage, chuter salaires et retraites, paupérisant des pans entiers de la population.

A l'image de ses voisins du Sud, la Grèce affiche toutefois un taux de suicide beaucoup plus bas que les pays du nord de l'Europe.

En Italie également sous le coup d'une sévère cure d'austérité, un maçon poursuivi pour fraude fiscale à Bologne (nord) et un Marocain de Vérone (nord) qui n'était plus payé depuis des mois se sont immolés par le feu la semaine dernière.

 

 

 

 

manifestation suite au suicide en Grèce

Poster de l’appel à se réunir place Syntagma.

« Ce n’était pas un suicide. C’était un meurtre. NE NOUS HABITUONS PAS A LA MORT . »

Publié dans ainsi valse la vie

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