Elle avait neuf ans...

Publié le par maxime

J'ai souvent écrit ici au sujet des pires horreurs qui font nos vies. Qui font aussi l'actualité. La guerre. La politique politicienne (comme ils disent). Mais je peux toujours contre-balancer ça avec un article plus positif. Comme celui sur Ted Williams. Ou encore un peu de musique. Ne serait-ce que pour quelques minutes. Oublier le chaos. Le fracas.

 

Et puis ce matin, cette horrible, horrible nouvelle. Elle avait neuf ans et elle a sauté par la fenêtre.

 

Que dire de plus  ? 

Peut-être dans les prochains jours, d'autres éléments viendront infirmer les circonstances de ce moment de folie.

 

Pour des raisons évidentes j'ai toujours en moi une petite alarme qui sonne quand j'entends parler d'un suicide. Nino Ferrer. Patrick Dewaere avant lui. Hunter S. Thompson depuis. J'arrête la liste ici, je n'ai pas le temps de contacter le service client de France Télécom.

 

 

La petite fille s'est laissée tomber du cinquième étage de son immeuble lundi soir, vers 18h30. La pauvre gamine souffrait de diabète chronique. Elle "venait de se disputer avec sa nounou concernant son régime alimentaire et sur le fait qu'elle mangeait trop de bonbons" , explique Marc Désert (procureur de la République). "C'est confirmé par quelques mots d'enfant gribouillés sur un morceau de papier juste avant de se jeter par la fenêtre". La fillette a en effet laissé quelques mots sur un cahier, pour expliquer son geste." Elle dit qu'elle en a marre et qu'elle va se jeter par la fenêtre" conclut-il.

Parents, voisins ou anonymes ne peuvent qu'adresser à la famille leurs condoléances, auxquelles je me joins, bien impuissant. 

 

Le caractère écoeurant de cette nouvelle porte bien entendu ici sur l'âge de la personne qui a commis cet acte. Pourtant à neuf ans, si on a encore toute sa vie devant soi, il n'est pas interdit et tout à fait possible que de subir privations et traitement contraignant. Il n'est pas interdit d'en avoir marre. C'est finalement ce mot là qui reste, ce cri sans doute refoulé (je ne sais pas !). J'en ai marre.

 

Je parlais plus haut de moment de folie. Je considère le suicide comme un instantané, un concentré hyper-puissant. Mais quand j'utilise le mot de folie, j'entends ce coup de poing que, tous, nous donnons parfois sur la table quand on ne sait plus dire notre colère ou notre exaspération. Ce bref instant qui ne dure pas une seconde.

Bref, on pourra toujours disserter sur les ingrédients : courage et inconscience semblant souvent alimenter les débats en s'opposant. Pourtant l'un et l'autre peuvent tout à fait coexister au sein d'une même personne, à ce moment là. J'y crois. Je le pense.

 

Je m'excuse de poster cet article qui ne se veut surtout pas une froide chronique d'un affreux fait divers. Fait d'hiver même tiens. Une petite fille qui n'aura jamais dix ans. C'est tout ce qu'il reste à sa famille. Et c'est si triste.

 

Publié dans ainsi valse la vie

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

N


J'espère que ce mot ne sera jamais galvaudé. Parce que l'indignation c'est vital. Mais là il y a un risque un peu. Vivement que la folie Stéphane Hessel redescende un peu



Répondre
M


Que tu dis !



N


Et ceux qui en ont eu marre ont aussi fait tomber une didacture vendredi dernier. Alors des petits poings serrés de la fillette désespérée à la jeunesse éduquée mais mal aimée de l'autre côté de
la Méditerrannée, il n'y a peut-être qu'un pas.



Répondre
M


Je pensais aussi à cette exaspération effectivement. Oserais-je le dire, le mot n'est pas encore détourné ? Je pensais à cette indignation.


Une bise tunisienne.



N


Il faut ausi Didier Porte dans la vie. Le matin, Guillon me manque (moins que mon K mais quand même), il n'était pas toujours génial mais vraiment, dans un fleuve d'actu, je m'aeprçois que
c'était nécessaire d'avoir ça. Quand à cette gamine et son acte, je pense qu'on pourrait en parler des heures face au lac et qu'on tomberait d'accord. Soon ?!



Répondre
M


Soon !



N


C'est universel et simple ce que tu dis. On a le droit d'en avoir marre. A tout âge. taper du poing sur la table ou sauter par la fenêtre. Des fois, la frontière est ténue. Et la peine est
désormais immense. A la taille certainement de la douleur de cette enfant.



Répondre
M


Bon, on ne va pas se faire de politesse mais c'est vachement beau et émouvant ce que tu dis aussi. Et dire qu'après avoir publié cette fenêtre, j'enchaîne avec Didier Porte ! Enfin, je ne sais
pas si cette dernière remarque te fera sourire.


Non, sans rire cette fois, l'universalité de la chose, c'est quelque chose que j'avais en tête et que j'ai omis d'écrire là sur le moment. J'en ai marre. Dans tous les pays, il y a des
gens qui en ont marre ou ont eu marre à un moment donné. Tu fais bien de (me) le dire !


 


Merci pour ton message.