Les larmes ne coulent pas dans l'espace

Publié le par le zouave

C'est ce que nous apprend l'astronaute canadien Chris Hadfield dans la vidéo ci-dessous.

 

 

 

 

En cet enième printemps orphelin, le plus difficile pour moi est de constater que le temps comme l'espace, peut influer la trajectoire des larmes. Elles ne sortent plus sous mes paupières pour venir déborder mes yeux et danser ensuite sur mes joues rebondies. Elles grondent à l'intérieur entre colère et solitude.

Il y a quelques jours j'ai reçu un e-mail publicitaire de la compagnie aérienne KLM. La compagnie organise un concours pour gagner un voyage dans l'espace le 22 avril 2013. 

Le principe est très simple : KLM lance dans les airs un ballon depuis le désert du Nevada et on doit prédire la hauteur que ce ballon atteindra avant qu'il n'explose. Le gagnant recevra un billet à bord du zero gravity SXC Lynx Spacecraft, un vaisseau spatial.

J'en ai bavé car les conditions du jeu sont tordues et j'ai du m'y reprendre à six reprises avant que mon inscription soit validée. En remplissant et remplissant encore les mêmes cases, je me disais que c'était idiot d'insister autant pour un concours que je ne gagnerai de toute façon pas. Non sérieusement, vous me voyez enfiler mon gros ventre et ma scoliose dans une grosse combinaison blanche ? Ce serait comme glisser un cheval dans des lasagnes.

Mais ce doux rêve, qui n'est pas le mien, me faisait recommencer encore et encore en souriant. Ce rêve de partir dans l'espace, c'était le sien. Et peut-être qu'en fumée, il l'a réalisé. Mon père aurait tant aimé. Flotter en apesanteur, siffloter "Les pieds dans le ruisseau" alors qu'il aurait les siens engoncés dans des bottes blanches d'astronaute, de spationaute, de cosmonaute, de papanaute. Regarder notre boule blanche et bleue se perdre dans le noir du cosmos. Se rapprocher de la lune, un tout petit peu, pour guetter le dos courbé de Tchoutchou et son fagot de bois.

 

Alors espace ou enfer, ciel ou terre, de toute façons les larmes ne coulent plus. Ce n'est pas pour autant que mon coeur reste au sec. Le trou noir est toujours là, près de nous, comme un monstre apprivoisé dont on n'aurait plus peur. 

 

 

 

 

 

 

Publié dans perso

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