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Vivre à en mourir

Vivre à en mourir

Cela lui pendait au nez.

Te souviens-tu Xtiane de ce jour de 1995 quand je t'ai dit que j'avais vu un concert à en donner la chair d'humains à des poules ? Oh c'est loin. Cela fait quinze ans maintenant. Un concert java, un concert punk. Avec des violons. Acoustique.

C'était au Summum, à Grenoble.
Je venais d'avoir dix-huit ans. Il y avait, sur scène, du désordre dans ses cheveux et un peu plus de noir dans nos yeux. On pensait tous qu'on le voyait pour la dernière fois. Ce qui fut mon cas finalement ! Il était très, très malade. Très affaibli alors.

Et puis la tri-thérapie est arrivée. Comme Zorro. Sans se presser. Et à chaque fois que je recroisais sa trombine, sur une affiche, dans un magazine, je ne pouvais m'empêcher de lâcher un bête et facile: "mais il est encore là, lui ? on ne l'a pas encore enterré, incinéré, remasterisé ?". La dernière fois encore, début décembre dernier, à Rennes, quand je vois un poster pour sa tournée (en partie annulée donc). 

Ca me ramène au Village Olympique. Qu'est-ce que j'en bouffe des madeleines moi ces temps-ci ! Faut que je fasse gaffe à l'indigestion ! Je pense à Céline, du quatrième étage Canadien, comme moi. A Carole bien sur. A Vanessa avec qui j'étais au Summum. Je n'avais pas vingt ans mais "C'est Pas Du Gâteau" nous donnait déjà envie de faire des marmots.

Qu'est ce que j'ai pu en faire des kilomètres entre la Place Grenette et la Maison de la Culture en écoutant son rock fifties "Au Creux De Ton Bras". Beau à en chialer. Surtout quand on a dix-huit ans.


Ciao Mano ! Maintenant tu es vivant. Pour de bon.